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“Je n’évolue pas : je VOYAGE”. Ce mot fameux de Fernando Pessoa, Thierry “Titi” Robin pourrait le faire sien. Depuis près de trente ans, cet homme taille la route. Au sens propre, tout d’abord : du Rajasthan à l’Andalousie, du Japon à l’Afrique du Sud, de Québec au Maroc, ce compositeur, improvisateur et pinceur de cordes polyvalent (guitare, oud, bouzouq) a promené à travers le monde la silhouette filante d’un musicien en mouvement permanent. Au sens figuré, ensuite : des grands rendez-vous collectifs de Gitans (1993) et Payo Mitcho (1997) au recueillement solitaire des pièces pour oud du Regard Nu (1996), des chansons fauves brossées avec la danseuse indienne Gulabi Sapera (Rakhî, 2002) aux orchestrations polychromes d’Un Ciel de Cuivre (2000), il n’a jamais cédé à la tentation de la sédentarisation. Nourri par les esthétiques gitanes, arabes, méditerranéennes et orientales, Titi Robin a inventé une langue éminemment vivante et personnelle, sans lieux communs ni formules pré-mâchées. Une langue qui, comme lui, n’a cessé de se transformer et de mûrir, au gré des expériences et des rencontres qui ont pavé le chemin de cet éternel baladin.
Né dans une famille modeste de la campagne angevine (son père est alors ouvrier agricole), Titi Robin grandit dans un foyer plein de chaleur et de vie, mais où la musique est peu présente. Pour la trouver, il doit faire le mur, fureter chez les voisins. C’est sa première escapade : il n’en reviendra jamais vraiment. Autour de chez lui vivent des communautés gitanes et arabes : alors que la jeunesse de l’époque se convertit en masse à la religion pop-rock, Titi Robin, lui, découvre des musiques dont la puissance et la richesse expressives répondent à son besoin viscéral “d’extérioriser et d’évacuer des choses assez lourdes”. Ce qu’il ne parvenait pas à traduire en mots, il le dira désormais avec un vocabulaire musical et un bagage technique qui lui seront propres. ”Qu’on ait trempé depuis la petite enfance dans un langage musical, ou qu’on soit allé chercher celui du voisin pour le faire sien, l’enjeu est le même : on doit se construire une identité, prendre la parole, trouver des gens qui puissent s’investir dans cette aventure intime et arriver à naviguer avec tout ça.” Sans jamais diluer son propos ni céder à la mode douteuse de la “fusion”, Titi Robin a réussi à allier cette recherche intérieure et ce désir de se frotter aux autres – du chanteur Erik Marchand au guitariste Francis-Alfred Moerman, de l’accordéoniste yiddish Eddy Schaff au chanteur réunionnais Danyel Waro, la liste de ses compagnons de route est sans fin… Toutes ces belles âmes l’ont aussi conforté dans cette juste conviction : les cultures populaires portent en elles une noblesse et une profondeur spirituelle qui méritent d’être célébrées sans relâche.
 Dino Banjara dancing near Kanipavnathji temple in Pushkar
Bien plus que de simples rétrospectives (le double CD Alezane, paru en 2004, remplissait parfaitement cette fonction), le plantureux DVD Jivula et l’album live Anita ! éclairent sous un jour nouveau la démarche de Titi Robin. Les cinq chapitres de Jivula sont ainsi autant de preuves par l’image de la profondeur d’esprit et de la grandeur d’âme du musicien. Réalisé par Sergio G. Mondelo, Airs de Voyages est un road-movie en terre andalouse entrecoupé de séquences musicales, dans lequel Titi Robin analyse avec justesse son histoire et les hautes motivations qui l’ont conduit à inventer le langage singulier qui est le sien : un discours humble et éclairant, auxquelles les pièces live de Scènes, jouées en trio, quartet ou quintette, apportent la plus éloquente des illustrations. A travers le documentaire La Danse du Serpent et le spectacle filmé Jivula, ce DVD offre aussi une place de choix à l’Indienne Gulabi Sapera, prodigieuse danseuse gitane issue de la caste des Kalbeliyas (les charmeurs de serpents). Sa virtuosité naturelle, son sens inné de l’improvisation, sa réinvention audacieuse de la tradition et sa faculté de transformer le verbe musical en vertige charnel expliquent pourquoi ses échanges avec Titi Robin sont depuis près de quinze ans une source intarissable de beautés inouïes. Complété par un diaporama musical, qu’illuminent les photos magnifiques de Louis Vincent, Jivula est une porte d’entrée royale sur l’univers en expansion de Titi Robin.
Anita !, quant à lui, offre plus qu’une captation de concert. Outre la formidable entente qui unit Titi Robin et ses musiciens – l’accordéoniste Francis Varis, le bassiste Pascal “Kalou” Stalin, le percussionniste Zé Luis Nascimento et le chanteur flamenco José Montealegre –, ce document montre la poignante intensité d’une esthétique musicale qui ne se limite pas à un simple brassage d’influences ou à un plaisant métissage de cultures. Comme le maître du oud Munir Bashir ou le flamboyant cantaor Camarón de la Isla (sur la tombe duquel on le voit se recueillir dans Airs de Voyages), Titi Robin, dans son art, ne cache rien de ce qui le travaille, de ce qui le meut et l’émeut. Les motifs sombres de ses peines, de ses doutes et de ses colères se mêlent à la pâte chaude et colorée des joies, des plaisirs et des éblouissements qui émaillent aussi sa vie d’homme et d’artiste. Faite de nappes d’ombre et de lumière, d’alternances de grands calmes et de tempêtes, d’élans vers les autres et de retours sur soi, sa musique donne à entendre la parole sensible d’un homme qui, sans calcul ni retenue, a choisi de se confronter à la beauté parfois violente du monde. Ou encore de “tout sentir, de toutes les manières”, comme l’écrivait un certain… Pessoa. “Je ne suis pas blasé par rapport à la beauté, au plaisir, aux belles choses de la vie, dit-il dans Airs de Voyages. Je suis aussi gourmand que quand j’étais gamin. Quand je désire, je suis vivant.”
 attente, la nuit, en tournée à l'étranger (photo: Louis Vincent)
Quand d’autres rêvent de faire leur trou dans le paysage musical ou de bâtir pierre par pierre un succès massif, Titi Robin, lui, a donc préféré chausser des semelles de vent et se laisser entraîner par son inspiration vagabonde. A son propos, on répugne à parler de “carrière”. Car il a accompli bien mieux que ça : un parcours musical qui est aussi une trajectoire humaine, suivant ce flux incessant d’émotions et de désirs qui font l’inestimable prix d’une vie libre. “Pour gagner la vie, avancer, il faut sans arrêt pouvoir quitter quelque chose ou quelqu’un, ou soi-même. La vie est un éternel exil.” Inutile de dire que ce constat-là, décliné avec une infinité de nuances tout au long de Jivula et Anita !, n’appelle pas à la tristesse : il est au contraire le prétexte d’une fête dont les échos n’ont pas fini d’ensorceler nos cœurs et nos esprits.
cliquer ici pour plus d'infos www.hotspot-design.fr/jb/titirobin/mailing.html contenu:
1- "airs de voyages": documentaire présentant l'univers de Titi Robin, à partir d'un voyage andalou sur la tombe de Camarón de la Isla, mêlant interviews et images d'archives, extraits de musique sur scènes et en famille, ... 2- "Jivula": Filmée en concert , en intégralité, la création musique et danse de Titi Robin et Gulabi Sapera. 3- "Scènes": Huit compositions de Titi Robin interprétées sur scène par les diverses formations du musicien (Trio, Quartet, Quintet , …) 4- "La danse du serpent": Reportage de 52’ sur la vie de la danseuse gitane du Rajasthan Gulabi Sapera et la caste des charmeurs de serpents dont elle est issue, filmé en Inde ainsi qu’en France. 5- Galerie de photos: Diaporama musical d’après un reportage photographique de Louis Vincent sur Titi Robin et ses compagnons de routes. Réalisation des documentaires, reportages et captations live : Sergio Mondelo.
Ce DVD estaccompagné de: - un CD live intitulé "ANITA!" regroupant des interprétations sur scènes à l'automne 2005, enregistrées et mixées par Guillaume Dubois assisté de Jérôme Musiani. - un livret de 24 pages riche en illustrations (photos de Louis Vincent)
Le CD live "ANITA!" est également disponible indépendemment du DVD, en rayon disque.


Extraits de presse:
« Titi Robin crée un univers, une mosaïque de fêtes gitanes et d’arabesques orientales, imprégné des rêves et musiques populaires qui l’ont nourri au fil des rencontres, des voyages, des tournées. Particulièrement copieux. » LE MONDE
« Parfois les CD audio libèrent l’imaginaire alors que les DVD musicaux le brident. Dans ce coffret où les deux modes d’expression ont la parole, le plaisir du son est au contraire démultiplié par celui de l’image. » TELERAMA Eliane Azoulay
« Robin déploie sur scène les ailes de l’improvisation, de la fantaisie, afin de cerner au plus près l’ivresse du danger, car sa musique, tout comme l’œillet sanglant figurant sur le livret, est un bijou qui s’épanouit sous toutes les latitudes, et tous les soleils. » LES INROCKUPTIBLES
« Un DVD qui ne se résume pas en quelques lignes tant il est riche d’anecdotes et d’histoires de vie à l’aventure musicale intense de Titi Robin » WORLD
« L’idéal pour découvrir la richesse du travail de ce grand guitariste. » OUEST FRANCE
« Ce double DVD permet de rentrer dans son univers, à travers notamment l’extraordinaire spectacle « Jivula » avec la danseuse indienne Gulabi Sapera. » LA VOIX DU NORD
« Il attire le cliché de l’invitation au voyage alors que, plus exactement, il invente une musique au carrefour des destinations de son cœur. » MIDI LIBRE
« Tour à tour festif et mélancolique, toujours flamboyant. » L’ALSACE
« De belles retrouvailles dans la fleur du live comme un pont débordant d’humanité avec la ferveur gitane en fond, un bouquet d’influences en rond et la magie de l’improvisation en prime. » LA NOUVELLE REPUBLIQUE Philippe Chastanet
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